disulfirameC10H20N2S4

Un nouveau médicament contre l’alcoolisme pourrait éliminer le Sida

Un médicament pour traiter l’alcoolisme associé à d’autres substances pourrait contribuer à l’élimination du sida chez les séropositifs.

Le médicament, appelé disulfiram, réveille le virus dormant dans l’organisme infecté, permettant ainsi de le détruire ainsi que les cellules qui l’hébergent, et ce, sans effets secondaires, notent les auteurs dont l’étude paraît dans la revue médicale en ligne, The Lancet HIV. Le disulfirame (nom de marque Espéral) ou bis(diéthylthiocarbamyl)disulfure ou disulfure de tétraéthyl-thiocarbamoyle a pour formule brute C10H20N2S4.

Actuellement un traitement antirétroviral (ART), un cocktail de médicaments souvent surnommé trithérapie, permet de garder le contrôle du virus (VIH) chez les patients, mais sans les en débarrasser définitivement.

Le virus reste tapi dans le corps de personnes, sous forme latente. Ce réservoir, difficile à atteindre, est l’un des plus grands obstacles à l’élaboration d’un traitement permettant d’assurer une guérison.

« Réveiller » le virus dormant est une stratégie pour débarrasser les patients du VIH. Mais « réveiller le virus est seulement la première étape », souligne Julian Elliot, directeur de la recherche clinique dans le service des maladies infectieuses à l’hôpital Alfred à Melbourne (Australie) « .

Maintenant, nous devons travailler sur la façon de se débarrasser des cellules infectées », ajoute-t-il. D’autres médicaments ont également été testés pour s’attaquer au réservoir de VIH, mais sans succès, ou ils se sont avérés toxiques.

Dans l’essai clinique de Sharon Lewin, directeur de l’Institut Doherty à Melbourne, 30 personnes sous traitements ont reçu des doses de disulfiram sur une période de trois jours. A la dose élevée, une stimulation du VIH dormant, sans effets indésirables sur les patients, a été obtenue.

La prochaine étape, selon les chercheurs, est de tester ce médicament en l’associant à d’autres ciblant le virus. « Le résultat obtenu reste insuffisant », dit à l’AFP le Pr Brigitte Autran, experte d’immunologie (Université Pierre et Marie Curie/Inserm, Paris) et co-auteur d’un commentaire accompagnant l’article.

« On est encore loin d’avoir trouver la solution pour une vraie guérison des patients et même une rémission qui leur permettrait de se passer de traitement », ajoute la spécialiste.

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